Blog - Sénatrice Marilou McPhedran

Marilou McPhedran est née et a grandi dans une région rurale du Manitoba, au Canada. Elle a été admise au Barreau de l’Ontario, et a été nommée Membre de l’Ordre du Canada en 1985 pour avoir mené conjointement la campagne visant à mieux protéger l’égalité entre les hommes et les femmes dans la Constitution canadienne. Le premier ministre Justin Trudeau l’a nommée au Sénat du Canada en 2016.

 

À voix égales – Blogue du Pouvoir dans la parité

Sénatrice Marilou McPhedran

 

Je n'ai jamais hésité à être féministe. En conséquence, l’activisme et la politique ont été des piliers interconnectées tout au long de ma vie et de ma carrière. Cela n’a pas toujours été facile. J’ai appris à mes dépens que la « méritocratie » ne s’étend généralement pas aux femmes. J'ai aussi appris que les femmes ne jouissent généralement pas de la même crédibilité ou de la même autorité que celles accordées à un homme quand elles sont en position de responsabilité.

 

Durant mes études de premier cycle à l’Université de Winnipeg, je suis devenue la première femme présidente de l’Association des étudiants de l’Université de Winnipeg à l’âge de 19 ans. Ce fut une expérience intéressante et complexe. Pour la première fois, j'ai été confronté au genre de sexisme et de conceptions patriarcales de la gouvernance qui existaient et existent toujours dans les espaces décisionnels. Cette expérience m'a bien aidée alors que je poursuivais mes études à la faculté de droit Osgoode Hall de Toronto, où j'ai également été présidente étudiante.

 

En 1981, alors que je n'étais encore qu’une jeune avocate, j'ai cofondé le « Comité ad hoc des femmes canadiennes sur la Constitution » et coprésidé la conférence historique de plus de 1300 femmes qui se sont réunies lors de la Saint-Valentin à Ottawa (ce qui ne fut pas bien accueilli par le gouvernement Trudeau d’alors) parce que nous savions que c’était la dernière occasion cruciale de garantir l’avenir des droits constitutionnels des femmes au Canada. Nous avons rejeté le projet de clause sur l’égalité parce qu’il conduisait aux mêmes impasses que la Déclaration canadienne des droits de 1960, en vertu de laquelle aucune femme plaignante n’avait été reconnue dans son plein droit. Pour que l’égalité des sexes soit une réalité vécue au Canada, nous savions que le projet de Charte des droits et libertés devait être renforcé afin de garantir une protection égale – avant qu’il ne soit inscrit dans la Constitution. Rendez-vous en ligne sur Constitute.ca pour voir comment le militantisme constitutionnel des femmes canadiennes a donné lieu aux articles 15 et 28 de la Charte canadienne des droits et libertés.

 

En tant que sénatrice, je peux continuer à me concentrer sur plusieurs dimensions des droits de la personne, du local au global. L’une des priorités de mon équipe et de moi-même consiste à sensibiliser le public au génocide en cours contre le peuple Rohingya au Myanmar. Plus de 1,3 million de Rohingyas ont fui la frontière pour se rendre dans le plus grand camp du monde au Bangladesh. La majorité étant des femmes et des enfants et 100 enfants naissent chaque jour dans le camp, le plus souvent à la suite d'un viol utilisé comme arme de génocide.

 

La promesse de droits vécus est à la fois trop proche et trop éloignée de la réalité pour que je mette de côté le militantisme et la politique avec « un petit p » en tant que sénatrice et parlementaire indépendante. Cofondatrice de la nouvelle Association canadienne des parlementaires féministes, j’assume mon identité de féministe, et je viens encore d’apporter récemment mon activisme féministe aux réformes dans le contexte parlementaire.

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