BLOG - Larissa Shasko - Réinventer la politique

Larissa Shasko est candidate à la maîtrise en politique publique à la Johnson Shoyama Graduate School of Public Policy de l'Université de Regina, en Saskatchewan, et a été la chef du Parti vert de la Saskatchewan.

Dernièrement, j'ai réfléchi à la manière dont l’espace politique pouvait s’élever pour résoudre la crise climatique. Nous avons besoin de nouvelles / nouveaux dirigeantes et dirigeants politiques pour nous inspirer, à l'instar de Greta Thunberg, une activiste suédoise du climat de 16 ans, qui a lancé la grève des écoles dans le cadre du mouvement pour le climat l'an dernier. En utilisant sa voix pour dire la vérité, Greta a incité de nombreuses personnes à prendre au sérieux la crise climatique tout en mettant beaucoup d’autres extrêmement mal à l’aise. Ce faisant, elle a dévoilé une grande partie de ce qui ne va pas en politique et explique pourquoi le monde politique empêche la mise en œuvre de solutions indispensables au changement climatique. Greta illustre pourquoi il est si important de ne plus élire de politicien(ne)s en fonction de leur image traditionnelle, profondément ancrée dans les stéréotypes masculins, dans la culture capitaliste du consumérisme et dans la quête sans fin de plus de pétrole. Nous avons besoin que nos politicien(ne)s élu(e)s ressemblent davantage à Greta et moins à Trump. Mais comment y arriver ?

 

Il est important de rappeler qui a été exclu du système politique de notre pays lors de sa création. Dans une large mesure, les femmes et les personnes LGBTQ2S qui se présentent aux élections sont toujours soumises à une focalisation exagérée sur leur genre sans qu’assez soit fait pour déconstruire ce qui a mené à l'image traditionnelle du politicien. Notre système politique est en grande partie responsable de la crise écologique à laquelle nous sommes confrontés. Afin de résoudre la crise climatique, nous devons réinventer ce que cela signifie d’être un(e) politicien(ne).

 

Je suis entrée en politique à 23 ans en tant que candidate du Parti vert du Canada aux élections fédérales de 2006. J'ai passé la majorité de mes vingt ans dans le domaine politique, notamment en tant que chef du Parti vert de la Saskatchewan de 2009 à 2011. Cependant, ma décision de briguer un poste impliquait également de subir de lourds jugements, profondément enracinés dans un ensemble de valeurs stéréotypées. Combien de fois n’ai-je pas entendu qu’il me fallait avoir la cuirasse un peu plus épaisse si je voulais être une politicienne. Quelle absurdité.

 

J'étais politiquement active à une époque où l’inaction politique en matière de changement climatique était de mise, ce qui n'était pas facile. En 2019, les Canadien(ne)s savent maintenant que la crise climatique est réelle et urgente. Cette élection consiste à déterminer comment nous allons agir pour lutter contre le changement climatique. Cependant, comment pouvons-nous résoudre une crise mondiale qui entraînera la fin de la civilisation humaine lorsque notre système politique est un jeu et que nous sommes tous dans des équipes rivales ? Des décennies de procrastination sont le résultat d'un système réactif plutôt que proactif. De l'énergie et de l'argent sont aspirés par les campagnes électorales au lieu de chercher des solutions. Et maintenant, nous n’avons plus le temps.

 

Greta va à la racine de ce problème. Elle dit: « Nous avons besoin d'une toute nouvelle façon de penser. Le système politique que vous avez créé est axé sur la concurrence. Vous trichez quand vous le pouvez parce que tout ce qui compte est de gagner, de prendre le pouvoir. Cela doit prendre fin. Nous devons cesser de nous faire concurrence. Nous devons coopérer et travailler ensemble et partager les ressources de la planète de manière juste. »

 

Ainsi, alors que les Canadien(ne)s se lancent dans une autre élection fédérale, faisons-en sorte que cette élection soit celle où l'image passe au second plan. Les Canadien(ne)s doivent se concentrer sur l'élection d'un gouvernement qui puisse inciter les gens à travailler ensemble, en particulier en cette période de crise écologique et de panique. Ce n'est pas une période facile dans laquelle vivre. Pourtant, nous devons nous adapter et devenir résilient(e)s face aux catastrophes. Pour ce faire, nous devons travailler ensemble.

 

Je pense que cela commence avec les politicien(ne)s et les électeurs/électrices qui se traitent avec respect. Respect ne signifie pas nécessairement accord, mais signifie accepter le désaccord sans se tourner vers la haine ou le silence à la suite d'un désaccord. Il n'y a pas de place pour le racisme ou la discrimination d'aucune sorte dans un endroit respectueux. Le système politique que nous avons toujours dans ce pays a été fondé sur des politiques de discrimination. Il nous appartient à toutes et à tous d'inclure dans ce système toutes celles et tous ceux qui en ont été exclu(e)s dans le passé en présentant intentionnellement aux élections des candidat(e)s pour la diversité des connaissances qu'ils/elles peuvent offrir.

Aidez-nous à réaliser notre mission.

Nous avons besoin de votre aide afin de continuer à plaidoyer et à organiser.
Quelle que soit la taille de votre don, il nous aide à continuer à propager notre message.